PERSONNAGES CÉLÈBRES

 

Qu'ils soient explorateurs, artistes, comédiens, médecins,...ces personnages de l'histoire sont nés, ont vécu et ont imprégné la vie de notre commune.

Armand Philippe Germain de ST FELIX (vice amiral)

 

Armand Philippe Germain de Cajarc de Saint Félix, marquis de Maurémont, dit le « marquis de Saint-Félix » (titre de courtoisie), né au château de Cajarc (dit « des corrompis ») aux Cabannes, le 20 septembre 1737, mort au même lieu le 10 août 1819, est un officier de marine et aristocrate français des XVIIIe et XIXe siècles. Il termine sa carrière au rang de vice-amiral.

 

 

Fils du Comte Saint-Félix de Mauremon et de Dame Marie Coté. Germain est le 15ème enfant de la famille. Famille dont l’aïeul s’était ruiné à la suite d’une stérile opposition au Cardinal de Richelieu et dont le père ne put recouvrer sa fortune, compromettant le peu qu’il lui restait par le jeu.

 

L’avenir de cet enfant était incertain.

Passé l’âge de 12 ans, la première éducation faite, l’idée lui vint de retrouver son frère aîné dans la capitale afin de tenter sa chance. Sa mère consentit à le laisser partir et c’est avec 12 livres pour tout argent de poche qu’il prit la route. Son père étonné du départ de son fils dépêcha des courriers et avisa la police afin que l’on mette fin à cette fugue.

En cours de route Germain avait heureusement fait de bonnes rencontres et c’est avec des cavaliers de naissance qu’il fit son entrée à Paris et y retrouva son frère ainé. L’aventure fût connue et l’on en parla dans les salons.

 

Le retour à Cajarc n’était plus envisageable devant l’émotion soulevée par l’initiative audacieuse de cet enfant. Mademoiselle de Charolais, fille du Duc de Bourbon princesse accueillante et généreuse, l’agréa parmi ses pages et prit soin de son éducation et de son instruction.

Mais en grandissant Germain n’était pas un garçon à évoluer dans les salons, et le 12 décembre 1755 il s’embarquait sur la frégate " l’Hermione " en qualité de Garde de la marine.

Rien ne prédisposait ce terrien à une carrière navale qui s’avéra brillante.

Le choix de cette orientation fût le même pour La Pérouse et de Rochegude.

 

Curieuse coïncidence pour ces 3 garçons du même terroir qui firent conjointement et apparemment sans se rencontrer des carrières similaires de premier ordre. Peut-être l’extravagante aventure de Saint-Félix avait-elle servie d’exemple ? (De Saint-Félix 1737-1819, De Rochegude 1741-1832, La Pérouse 1741-1788)

Voici le développement de la carrière de Germain de Saint-Félix :

Garde de la marine le 12 décembre 1755 à 18 ans

Enseigne de vaisseau le 15 janvier 1762 à 24 ans

Lieutenant de vaisseau le 24 mars 1772 à 34 ans

Lieutenant Colonel dans l’armée navale le 11 Août 1779 à 41 ans

Capitaine de vaisseau le 5 mars 1781 à 43 ans

Chef de division le 13 janvier 1787 à 49 ans

Capitaine de vaisseau de première classe le 1er janvier 1792 à 54 ans

Contre-Amiral le 29 juin 1792

Vice-Amiral le 1er janvier 1793 à 55 ans

Durant ces 38 années de service il prendra part à 18 campagnes totalisant 26 ans 1 mois et 25 jours de navigation en temps et de guerre dont plus de 50% en guerre.

La guerre contre les anglais de 1756-1763

Dans les années 1750 la prospérité de notre marine marchande et les succès que la France remportait aux Indes alarmaient l’Angleterre qui prit ombrage de sa puissance et appréhenda de voir notre commerce concurrencer le sien . Des actes de piraterie furent effectués contre nos vaisseaux et des raids furent dirigés dans plusieurs de nos ports avec prises de biens, pillages et assassinats. En fait, le but poursuivi était d’affaiblir en tous lieux nos possibilités de commercer .

Louis XV déclara une guerre qui devait durer 7 ans.

Durant cette période le Garde de la marine Germain de Saint-Félix se trouve :

De 1755 à 1757 sur la frégate l’Hermine

En 1758 sur le vaisseau Le Célèbre où il est fait prisonnier (en 1759) par les anglais puis échangé.

En 1760 sur la frégate La Promone , Le Zéphir, Le Calypso où il assiste à l’affaire de Quiberon.

En 1761 sur la frégate l’Aigrette

C’est comme enseigne de vaisseau que Germain de Saint-Félix se trouve de 1762 à 1763 sur le vaisseau Le Northumberland.

La tournure de cette guerre devenant désastreuse, le Canada et nos diverses possessions aux Indes étant perdus, le traité de Paris mit fin aux hostilités.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frégate de 30 canons du même modèle que l'Aigrette

 

 

Période de paix de 1764 à 1778

Les campagnes se poursuivent :

De 1763 à 1764 sur la flûte la Normande.

De 1766 à 1767 sur la flûte La Balance.

De 1768 à 1777 sur l’Aviso L’Expérience et sur la Flûte La Nourrice.

Il commanda l’Heure du Berger et c’est comme Lieutenant de Vaisseau sur le Coromand qu’il transporta en 1773 l’aventurier Beniowski d’origine hongroise et l’aida à s’installer à Madagascar. (Maurice Auguste Beniowski né en 1741 d’une famille noble et riche devint un des chefs de la Confédération de Ber en Pologne contre les Russes (1768).

Il fut fait prisonnier et enfermé dans une forteresse dont il s’évada pour venir en France. Il fut envoyé à Madagascar avec 300 soldats. Colonisant et très populaire il y exerça,malgré la France ses fonctions de roi. Il fut tué dans un engagement en 1786.)

Durant ces campagnes Germain de Saint-Félix se fera remarquer pour avoir répondu avec fermeté au Commandant d’un fort anglais, à l’embouchure du Gange, qui voulait le chasser d’un mouillage.

Nouvelle guerre contre les anglais de 1778 à 1783

En 1776 les colonies anglaises d’Amérique du Nord s’étaient soulevées contre la métropole et déclarées indépendantes. A la demande de Franklin, Louis XVI apporta l’appui de la France et signa un traité avec les Etats-Unis le reconnaissant comme puissance indépendante. La guerre éclata ouvertement entre la France et l’Angleterre.

Les campagnes se poursuivent :

En 1778 sur le vaisseau Le Solitaire il combat au large d’Ouessant au cours d’une bataille indécise entre l’Amiral anglais Keppel et d’Orvilliers.

En 1779 sur le vaisseau l’Annibal

En 1780 sur le vaiseau Le Prothée avec le Vicomte de Chillay, il combat et fut fait prisonnier par l’escadre de l’Amiral Digby, puis échangé.

En 1780 à 1781 le Capitaine de vaisseau Germain de Saint-Félix exerce son premier commandement. Il commande la Frégate Lastrée, La frégate l’Amazone , la frégate La Fine et part pour l’Ile de France.

Sous le prétexte de la guerre, l’Angleterre s’était arrogé le droit de faire la police des mers et ses vaisseaux empêchaient tout commerce y compris celui des puissances neutres.

Le bailli de Suffren réduisit à presque rien la puissance Britannique dans la mer des Indes avec Germain de Saint-Félix qui y contribue.

De 1782 à 1784 il commande le vaisseau Le Brillant et se distingue à Madras,Pronedieu et Negapatam où il livre 2 combats.

Il commande le vaisseau d’Artésien et combat à Trinquemalé port de l’île de Ceylan réputé pour être abrité de la mousson.

Il commande le Fendant sur lequel il est blessé à Gondelour.

Il commande le vaisseau le Flamand, combat, et revient en France après la signature du traité de Versailles qui met fin à la guerre, l’Angleterre reconnaissant l’indépendance des Etats-Unis et la France recouvrant certaines possessions perdues aux Indes et en Afrique.

Période révolutionnaire. Séjour aux Iles Mascareignes.

Après une période aussi favorable à notre politique et à nos armes, le prestige de la France s’est affermi à l’étrange. Les progrès accomplis pour le relèvement de notre marine sont importants en ce qui concerne les forces navales et le personnel.

En vue de rétablissement du commerce avec l’Orient , Germain de Saint-Félix fit parti en 1785 de l’escadre d’évolution et en Octobre 1788 il commande comme Chef de Division dans les mers du Levant où il force au combat un forban. La lutte dût être dure car il a plusieurs officiers et élèves tués et cette action est citée en exemple à l’école de marine.

De retour en France où la révolution a éclaté, il sert en 1790 dans l’escadre d’Albert de Rions commandant le vaisseau Le Tourville et la frégate La Cybèle.

En 1791 il commande l’escadre en rade de Brest et se trouve sur Le Tourville avec la promesse du ministre de la marine de diriger en chef la division navale qui doit stationner dans les mers de l’Inde pour une campagne dont la durée habituelle est de 3 ans.

C’est alors qu’il prend sous sa protection 2 personnes qui lui sont confiées par leurs familles et qui feront leur chemin dans l’histoire :

Decrès (1765-1820) qui devint ministre de la marine sous Napoléon de 1802 à 1815.

De Villèle (1773-1854) 1er ministre sous Louis XVIII et Charles X de 1822 à 1828.

 

 

 

 

La Cybèle et la Prudente contre les anglais.

 

 

Parti avec la Cybèle, de Saint-Félix séjourne 4 mois aux Mascareignes et repartira rejoindre La Résolue qu’il envoya 2 mois plus tôt en urgence assurer une présence protectrice de notre commerce.

Quant à la 3ème frégate l’Atalante elle partira à la recherche de La Pérouse dont on vient d’apprendre la disparition dans le Pacifique.

Le 1er décembre 1791 de Saint-Félix appareille et atteindra le 30 décembre la cote de Ceylan ou il retrouvera La Résolue avec un équipage révolté qu’il calmera non sans peine.

Après quelques difficultés avec la flotte anglaise, mais sans pour cela engagé le combat, de Saint-Félix dégagera un trois mâts La Jeune Créole qui avait été capturé par les marathe entre Bombay et Goa.

A Pondichery il soigne un malaise bilieux causé par les soucis que lui donnent aussi bien les anglais que son propre équipage et il quitte l’établissement pour Port Louis la capitale de l’Ile de France où il arrivera le 14 juin .

Le 18 Novembre 1792 , le gouverneur Général Mr Malartic fit prévenir de Saint-Félix de prendre la mer, mais le 10 décembre 1792 celui-ci résigne son commandement motivant l’état de sa santé qui ne lui permet plus d’assurer ses responsabilités, il est rongé par le scorbut et lassé par les actes d’insubordination de plus en plus fréquents, les charges du commandement lui sont pénibles et difficiles à assurer.

Il est remplacé par Magnon (tué au combat de Trafalgar )

Un " rendu compte " daté du 30 avril 1793 informe l’amirauté que "Saint-Félix commandant les forces navales stationnées dans l’Inde a été forcé par le dépérissement de sa santé de remettre sa démission".

Dans la métropole le Comité de Salut Public prend un arrêté en date du 6 Frimaire an 2 portant la destitution de tous les officiers ci-devant nobles.

Menacé par les mesures prises contre les émigrés et afin de préserver le patrimoine familial une requête est adressée le 7 Germinal an 2 au Ministère de la Marine.

La famille du Commandant Saint-Félix Vice Amiral, qui doit être destitué à son retour par arrêté du Comité de Salut Public, prie le Ministre de lui délivrer un certificat qui constate que cet officier n’a point émigré et a depuis 1791 toujours été employé dans l’Inde pour le service.

A L’Ile de France, au début de Mai 1793, de Saint-Félix vit dans la plus profonde retraite et sa santé s’améliore. Mais les nouvelles qui parviennent de France annoncent la déclaration de guerre avec l’Angleterre et un homme tel qu’il a été formé ne peut qu’accepter, à la demande du Gouvernement, la charge expresse d’employer les forces maritimes se trouvant dans les îles à assurer la conservation de celles-ci à la France.

Le 4 juin 1793 il arbore son pavillon sur La Cybèle et l’on travaille ferme à mettre en état les 4 frégates qui sont dans le port. Décrés est nommé major de la division et de Villèle aide major.

Le but des opérations est de s’emparer des navires de commerce anglais avant qu’ils aient eu connaissance de l’état de guerre et de protéger les îles comme le demande le Gouvernement.

De Saint-Félix reste à terre et le 21 juin 1793 une partie des navires part pour les Indes où ils arrivent le 13 juillet et en reviendront le 13 Août.

Quant à la Fidèle et l’Atalante elles doivent partir pour la France en protection d’un convoi de navires marchands.

 

Les idées révolutionnaires sont toujours aussi chaudes, les nouvelles mettent parfois trois semaines pour venir en France et les événements qui s’y déroulent ne sont pas favorables à la noblesse, ils sont suspectés et leur vie menacée.

Pourtant, le 14 Août, l’Assemblée coloniale nommera dans son sein le Gouverneur Général Malartic et de St Félix. Celui-ci avec sa franchise et sa loyauté n’était pas fait pour lutter avec les orateurs d’une assemblée. L’île était à la merci d’une foule de démagogues connus sous le nom de sans-culottes et ces hommes violents lui intimèrent l’ordre d’armer en course les frégates qu’ils avaient amenées. Il résista à cet ordre, contre la sécurité des habitants... l’Amiral se vit contraindre de souscrire à leur volonté.

Toutefois, le lendemain, il revenait sur son accord et en prévenait l’Assemblée précisant qu’il restait fidèle aux instructions reçues du Gouvernement de la métropole.

Le 21 Août 1793 avec ses 3 frégates plus La Prudente qu’il a trouvée dans le port, il appareille pour croiser autour des îles mais une violente tempête les surprend et le 27 Août il est de retour.

Des cris forcenés l’accueillant aussitôt. On l’accusa de trahison , d’aristocratie. Afin de se dérober à ces persécutions il embarqua sur une frégate, feignit de croiser autour de l’île Bourbon, débarqua au chef-lieu et renvoya la frégate à l’île-de-France.

En Octobre 1793 le convoi prévu fila vers la France où il arriva. Mais il savait qu’il était dénoncé par l’Assemblée Coloniale et il avait chargé Decrés, qui faisait parti de convoi, d’un rapport circonstancié qui justifiait sa conduite.

On peut apprécier l’esprit d’opportunité dont fit preuve de Saint-Félix en chargeant de mission Decrés en France ; c’est un futur ministre de la marine qu’il envoyait.

 

Arrivé à l’île Bourbon où il est accueilli avec bienveillance, l’Amiral pense que dans un climat plus serein il pourra assurer pleinement les charges qu’il a accepté de reprendre car les sacrifices continuels à la tranquillité compromettent la sûreté publique. Il organise son service et De Villèle remplace Decrés pour la rédaction des mémoires qu’il envoie en France.

Pendant ce temps le climat politique se dégradant les sans culottes de l’île Bourbon écrivent à ceux de l’île de France de leur envoyer des hommes pour arrêter des royalistes qu’ils désignent.

On leur expédia 40 hommes qui partirent sur la corvette La Minerve commandée par un marin du nom de Dausserre. Elle arriva nuitamment dans la rade de St Denis.

La circonstance favorisa leur dessein.

Mr Azema ancien Procureur Général du Conseil Supérieur donnait à souper, à l’occasion d’un mariage, à un grand nombre de convives parmi lesquels le Commandant Duplessis, le Commissaire Civil pour la République Tiral, Mrs Gangier, Marcenay et Fayolle Commandant des volontaires de Bourbon. On se livrait à la joie lorsque les sans culottes se présentèrent dans la maison ; ils se saisirent de leurs personnes le 11 avril 1794 et les embarquèrent sur La Minerve pour l’île de France où ils furent livrés le 28 thermidor an II au jury révolutionnaire d’instruction (Une guillotine était montée sur la place de Port Louis).

Ils avaient, en partant, laissé des instructions pour enlever l’Amiral de Saint-Félix qui leur avait échappé . Sa tête fut mise à prix (La Ste des Amis de l’Egalité et de la Liberté Républicaine présidée par Mr de Geslan dans sa séance du 29/4 /94 proposa d’accorder une somme de 20 000 livres à celui qui arrêterait de Saint-Félix. Somme à valoir sur ses biens et avancée par la République) et le 15 mai 1794 l’Assemblée Coloniale prononça la peine de mort contre ceux qui lui donneraient asile. Un détachement de 100 hommes était chargé de l’arrêter.

L’illustre proscrit se trouvant aux noces de Mr Lory et de Melle Routier de Granval fut informé du mandat d’arrêt lancé contre lui.

Il se réfugia chez Mr Désorchères, riche habitant du Bras Panon. Ne voulant pas exposer plus longtemps cet hôte généreux de St Félix erra plusieurs jours dans les bois et dans les habitations voisines.

Un sauf conduit à son nom fut demandé pour prendre place à bord d’un bâtiment américain qui devait le conduite en Amérique où en France pour être jugé.

Mais poursuivi comme une bête fauve, harcelé de toutes parts, il fut pris le 22 mai 1794, traîné à St Denis et enfermé comme un criminel dans l’une des ailes de l’hôtel du gouvernement dont on avait fait un cachot.

L’instruction de son procès n’en finit pas et les esprits heureusement apaisés, il reviendra libre en juillet 1795.

Il dut le maintien de sa santé à sa sérénité , sa gentillesse et sa bonté habituelle qualités essentielles de son caractère .

 

En 1797, il recevra ses enfants qui le rejoindront malgré la présence des navires anglais et en 1810 il retournera en France, après la prise de l’île par les anglais et mis en retraite comme vice-amiral sous la restauration en 1814.

Il fut promu au grade de Commandeur de l’Ordre Royal et militaire de Saint-Louis.

Le retour au château de Cajarc

L’aventure peut conserver son homme. Après tant de campagnes, de combats, de blessures et après avoir traversé une révolution et ses séquelles, Germain de Saint-Félix dans sa 73ème année retrouve son domaine de Cajarc comme seul élément liquide le Cérou petite rivière toute proche et où il y finira ses jours avec son fils ainé.

Il mourut en Août 1819 et son décès fut signalé au service de la marine à Paris par deux lettres venant des divisions militaires de Toulouse et de Bordeaux.

Celle de Bordeaux en date du 26 Août 1819 annonçait : "Monseigneur. J’ai l’honneur de vous informer de la mort de Monsieur le Marquis de Saint-Félix Vice Amiral décédé le 12 de ce mois à Cordes Près d’Albi où il lui a été rendu les honneurs funèbres dus à son rang".

Il avait près de 82 ans.

 

Sur la petite place du village, en bordure de la route départementale se rendant à Mouzieys Panens peu avant de traverser le Cérou, le buste (1854) du Vice-amiral perpétue le souvenir de cet homme qui a traversé bien des vicissitudes et a su servir son pays avec zèle.

 

Le marquis de St Félix a été inhumé au cimetière de Mauremont, dans le Lauragais (Haute Garonne).

 

Madeleine Galaup

CHARLES LIOZU

 

Excellent dessinateur C. LIOZU a représenté avec humour les scènes rurales, les physionomies, les types et les coutumes du terroir tarnais.
Ses cartes postales, parfois légendées en occitan ont eu un succés persistant et ont été réeditées durant 20 ans sous différents aspects.

 

 

Né le 6 octobre 1866 à Les Cabannes, décédé à Cordes le 8 novembre 1948

Elève à l'école des Beaux-Arts de Toulouse puis de MM. Cormon et J.P. Laurens à celle de Paris, avant de faire un séjour en Tunisie. Rentré à Albi, il devient professeur de dessin et, de 1911 à 1934, conservateur du musée. Expose à Albi dès 1897, expose aussi à Paris, au salon de la Société nationale des Beaux-Arts (en 1912 par ex.) et à celui des Artistes français (en 1913). Il réussit portraits, natures mortes, paysages et, de surcroît, excelle dans la représentation par la plume et le crayon des particularités locales, telles que sites et coins pittoresques des rues d'Albi, physionomies et scènes de moeurs surtout rurales de la région. De fait, il illustre quantité de livres d'auteurs, livres scolaires, couvertures, journaux, cartes postales, etc...

"Véritable documentation historique" (Charles Portal)

DUPUY DUTEMPS

 

Famille de médecins et d'hommes politiques



C'est le Docteur Jean-Louis Dupuy-Dutemps qui, le premier, aurait installé la famille aux Cabannes. Né à Paris en 1814, il épouse Nina Journes-Malgouire, née à Cordes. Chevalier de la Légion d'Honneur, il avait été chirurgien militaire ; mais sa santé affaiblie l'avait forcé à renoncer à cette profession. C'est alors qu'il vint aux Cabannes et en fut le Maire, tout en étant médecin. C'était un actif républicain. Il décède en 1868.



C'est peut-être lui ou plus vraisemblablement son fils, Ludovic, qui installe la famille au "Château Lapeyrade", que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de "l'hostellerie du Parc": il achète "on ne sait quoi" et fait consruire la jolie batisse, style Napoléon III vers 1860. Il fait aménager un grand parc très joliment arboré. C'était la première maison dans laquelle chaque chambre avait sa salle de bains et l'eau courante. La propriété a été vendue par Gabriel vers 1960 à Mr Blanza, qui l'a lui-même vendue à Mr Claude Izard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ludovic (Les Cabannes 5 janvier 1847 - 17 décembre 1928) Avocat, maire républicain de Gaillac de 1881 à 1889, date où il remplace Bernard lavergne comme député de Gaillac (jusqu'en 1898) en l'emportant aux 2e tour sur le boulangiste Lannes de Montebello. Conseiller général de l'arrondissement de Gaillac de 1883 à 1901. Nettement anticlérical dans les années 80 (il interdit les processions à Gaillac lors de l'affaire du manuel Compayré), il a ensuite des positions conciliantes, que dénoncent les radicaux. Après 1892, il est prêt à un compromis avec les catholiques "ralliés". Réélu en 1893, il est ministre des travaux publics de janvier à novembre 1895 dans le cabinet Ribot. Il se retire de la vie politique en 1898. (Son buste sculpté par Jean-Jules Pendariès est à la mairie de Cordes/Ciel).

Louis (Les Cabannes 1871 - 1946) fils aîné du précédent. Carrière médicale à Paris. Importants travaux d'ophtalmologie (mise au point de la dacryo-rhinostomie plastique). Il a 2 fils :

  • Pierre (1905-1964), l'aîné, poursuit l'oeuvre de Louis, son père, comme ophtalmologue à Paris (soutenance de thèse en 1931, chef de clinique d'ophtalmologie à Paris, soigne à l'hôpital Bichat puis à la fondation Rothschild, devient enfin Président de la Société d'Ophtalmologie de Paris) et s'est aussi efforcé d'améliorer le rayonnement de la ville de Cordes (un des trois fondateurs de l'Association des Amis de Cordes et du Comtat Cordais). Son épouse, Elise, décède en 1987... Elle venait régulièrement pendant les vacances à Cordes, dans la maison des Lices.

 

  • Jean (1911-1982), diplomate, qui a eu 2 enfants : Guy et Marie-Josée (décédée).


La maison des Lices a été reconstruite par Louis, vers 1920, après son départ à Paris, sur une ruine achetée à Mr Casimir.

C'est apparemment le troisième fils de Ludovic, Gabriel (1874/1967) qui garde la maison de famille de Les Cabannes. De Gabriel naît un fils, Albert, dont les Cabannais les plus âgés se souviennent. Albert a une fille, Anne-Marie, qui vit à Paris.

Gabriel a fait toute sa carrière dans la Marine, d'abord Nationale jusqu'au grade de Capitaine de Vaisseau, puis Marchande qu'il a quitté avec le titre de Vice-Amiral Honoraire.

Les deux caveaux dans le cimetière de Les Cabannes, avec une trentaine de noms, témoignent de l'importance et de la fidélité de cette famille à Cordes/Les Cabannes.

N.B. : Pierre ne manquait pas d'humour : "A une époque où il consultait dans les environs de Paris, il reçut une jeune femme charmante qui avait, bien sûr, un problème ophtalmologique.
Elle lui expliqua qu'elle travaillait dans l'obscurité dans la maison close, avait-il compris.... "Bien sûr, je comprends", lui dit-il très perplexe. Mais la confusion ne dura pas très longtemps quand elle ajouta : "je trie des graines pour la maison Clauze"...

JEANNE RAMEL CALS

 

 

Femme de lettres française (1883 – 1976)

 

 

 

Jeanne Gibert (nom de jeune fille) est née à Albi en 1883. Ses parents dirigent la tannerie familiale, route de Graulhet. Sa mère, Anaïs, née Lacan, est une femme d'esprit qui reçoit chez elle Jean Jaurès et correspond avec Maurice Maeterlinck. Jeanne a deux frères : Louis Gibert,qui deviendra un pionnier de l'aviation , et André Gibert qui sera ingénieur et partira construire des routes en Afrique.

Jeanne Gibert aurait pu être peintre. A 19 ans, sous le nom de "Mademoiselle Jeanne", elle expose à Albi, au 1er salon des artistes albigeois, chez Corbière et Julien, trois peintures intitulées "En prière", "Effet de gris" et "Etude". Les portraits qu'elle fit de sa mère Anaïs Lacan et de son grand père Jean Lacan dénotent le talent de la jeune fille.

Montée à Paris, comme on disait alors, elle trouve bientôt sa voie dans l'écriture. Son don d'observation, sa désinvolture naturelle, sa vivacité d'esprit, son affectueuse ironie baignée d'une tendre poésie, peuvent alors s'épanouir librement. Elle devient journaliste et, sous le nom de Jeanne Ramel-Cals, tient des chroniques régulières dans "Candide", "Le Crapouillot", "Le matin", "Le Petit Journal", "Le jour", "Le journal illustré"... et aussi dans la presse régionale : "Sud-Ouest", "La Dépêche du Midi", "Le républicain Orléanais"...

Parallèlement, elle publie des romans et ses premiers livres obtiennent rapidement un vif succès. La critique en fait l'éloge et promet à l'auteur le plus bel avenir littéraire. D'elle, Paul Reboux disait : "Elle a surtout beaucoup regardé autour d'elle, d'un regard amusé, narquois et pénétrant. C'est ainsi qu'elle a pu observer les choses et les gens, fixer les traits qui lui semblaient cocasses, et nous donner les plus savoureux albums psychologiques dont on puisse se délecter".

Jeanne Ramel-Cals ne se contente pas d'écrire ses livres. N'abandonnant pas son goût pour le dessin, elle les illustre, "d'un trait sûr, personnel, très typogaphique, et qui rappelle le genre de 2 maîtres : Caran d'Ache et H.P. Gassier".

Les milieux Arts et Lettres s'éprennent d'elle, de son verbe tour à tour bonhomme, naïf, de l'humour quelquefois féroce qui perce, enrobé de fraîche poésie et de quête indulgente. Elle publie ses romans chez Arthème Fayard, Emile Hazan, les Editions de France, ses nouvelles dans la revue du Mercure de France, la revue des Oeuvres Libres et Candide. Elle anime un salon littéraire, un square de l'Alboni, dans le 16ième arrondissement, fréquenté par les écrivains Colette, Francis Carco, Anna de Noailles, Fernand Gregh, Frantz Toussaint, Henri Duvernois, ...

En 1940, délaissant Paris occupé, elle revient dans son pays natal et s'installe à Cordes, entraînant dans son sillage des artistes de renom (dont Yves Brayer qui regroupa des artistes confirmés ou débutants, exposant sous le nom d'Académie de Cordes). Elle écrira alors "Légendaire de Cordes sur Ciel", avec le même esprit malicieux et une désinvolture que les historiens lui ont pardonnée au nom de la légitimité de l'imagination poétique.

Ce nouveau nom de baptême qu'elle donna à la cité, finit par s'imposer. Cordes le lui doit. Ses amis la surnommèrent "la Dame de Cordes sur Ciel".

Après la libération, elle revint à Cordes tous les étés, dans la maison qui jouxte la Porte des Ormeaux. Elle en avait orné les ogives de deux "gardiens du seuil", curieuses statues de pierre qu'elle réalisait en assemblage de roches. Plus tard, elle vécut dans la majestueuse tour de la Barbacane, face au soleil levant. Elle consacra alors son talent d'écrivain et d'illustrateur, à sa cité de Cordes, à sa ville natale d'Albi et à l'Occitanie, mêlant l'histoire et la légende avec la même poésie et la même satire malicieuse qui firent sa réputation.

Jeanne Ramel-Cals repose depuis 1976, face à Cordes sur Ciel, dans la terre de ses ancêtres maternels, au cimetière de Les Cabannes.

> D’autres informations complémentaires sur le site de l’Association des Amis du Vieux Cordes (SAVC)

JACQUES D'ARCAMBAL DESLACS

 

Né à Les Cabannes le 15 août 1733, mort à Albi, 9 brumaire an XIV.

Fils de Vincent Deslacs, seigneur de la Bonaudié et de Marie-Rose de Lacombe, docteur en théologie de la faculté de Paris, il était vicaire général de l'évêque de Bazas lorsqu'il obtint en commende, en 1771, l'abbaye de Candeil.

Il entre très vite en conflit avec les religieux au sujet des possessions et revenus du monastère mais, le 26 mars 1774, un accord est réalisé : le château de Lézignac reste à l'usage de l'abbé, celui de Serres, appartenant aux moines religieux. D'Arcambal séjourne à Bazas et à Paris, où il devient le précepteur du duc d'Enghien.

 

A la révolution, il se réfugie en Espagne, mais rentre en France après la promulgation du Concordat. Il vient s'établir à Albi et y décède au faubourg de la Réunion, âgé de 72 ans, en octobre 1805.

COLETTE GILBERT THOMAS

 

Comédienne, sa rencontre avec Antonin Artaud fut décisive pour elle : "Colette Thomas est la plus grande actrice que le théâtre ait vue, c'est le plus grand être de théâtre que la terre ait eu" (Antonin Artaud - Correspondance Ivry, 21/09/1947)

 



Née en 1918, étudiante en philosophie et comédienne (elle avait suivi les cours de Charles Dullin et de Louis Jouvet), elle rencontra, chez Gabriel Marcel, les jeunes Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty et Jean Wahl, qui tombèrent sous le charme de cette jeune fille « extrêmement gracieuse », selon Ernst Jünger.

Comédienne, elle fut la première épouse de l'écrivain Henri Thomas (avril 1942). C'est à ses côtés qu"elle fera la rencontre, décisive pour elle, d'Antonin Artaud, à l'hôpital psychiatrique de Rodez, en mars 1946.



Le 7 juin 1946, lors de la mémorable séance au Théâtre du Châtelet, organisée par ses amis pour aider matériellement Antonin Artaud à reprendre pied à Paris, Colette Gibert Thomas monta sur scène. Le jeune poète Jacques Prével nota dans son journal : "Et Colette Thomas, en transe, dit un texte inédit. Sa bouche martèle les mots. Elle a travaillé avec Artaud. C'est Artaud qui parle. Eclair magnésium et obscurité. Cette voix trouble et vibre, fantastique. Applaudissements et bravos. Elle est rappelée plusieurs fois." (En compagnie d'Antonin Artaud, Flammarion, 1974 et 1994). Artaud, qui la portraitura torturée (Dessins et portraits, Gallimard, 1986), était "ébloui", selon André Berne-Joffroy.

 

La mort d'Antonin Artaud, en mars 1948, accompagna une descente dans la folie, commencée dès les lendemains de la guerre, aggravée peut-être par la séparation d'avec Henri Thomas en 1946, puis par le départ de celui-ci pour Londres... En 1954, cependant, elle publia, sous le pseudonyme de René, un récit, à la fois fascinant et étrange, Le Testament de la fille morte (Gallimard, aujourd'hui épuisé). "Aimer, c'est haïr les autres. Faire l'amour, c'est les trahir", écrit-elle. Et aussi : "L'être de la femme connaît la mort, et son devenir connaît la vie." Elle a également traduit de l'anglais divers ouvrages et le roman autobiographique de Naomi Levinson, Les Chevaux de bois d'Amérique (Julliard, 1954).

 

En mars 1948, Artaud, atteint d'un cancer inopérable, décède dans sa chambre d'Ivry, probablement d'une overdose de sédatifs, à l'âge de 51 ans.

 

ANTONIN ARTAUD>

 

DR HENRI POTTEVIN

Henri Pottevin, né le 7 mai 1865 aux Cabannes et mort le 6 juillet 1928 à Paris, est un médecin, biologiste et homme politique français.

 

Henri Pottevin est issu d'un milieu très modeste, mais une bourse municipale accordée par le maire de Castelsarrasin où son père est ouvrier métallurgiste lui permettra de faire ses études secondaires avant d'intégrer l'École polytechnique puis l'École normale supérieure.

En 1891, il entre à l'Institut Pasteur où il fera carrière, tout en continuant ses études de biologie et de médecine. Il obtient son doctorat en médecine en 1897 et son doctorat en sciences physiques en 1899.

Parallèlement à ses recherches au sein de l'Institut Pasteur, il devient directeur du Bureau d'hygiène du Havre en 1900, secrétaire général de la Société de Pathologie Exotique en 1908, et secrétaire général puis directeur-adjoint de l'Office international d'hygiène publique.

De 1922 à sa mort, il enseigne au Conservatoire national des arts et métiers (chaire d'hygiène et physiologie du travail) à Paris.

Lors de l'Affaire Dreyfus, il signe la seconde pétition parue dans l'Aurore le 15 janvier 1898, protestant contre les irrégularités du procès de 1894.

Il s'engage de plus en plus politiquement, au Parti républicain, radical et radical-socialiste. À ce titre, il est élu conseiller municipal de Castelsarrasin en 1912, puis maire, député de Tarn-et-Garonne de 1914 à 1919, sénateur de 1920 à 1926, et président du conseil général de ce même département jusqu'à son décès en 1928.

Officier de la Légion d'honneur le 1er février 1919.

 

ANDRÉ VERDET

 

Poète, peintre, sculpteur, céramiste et résistant français.Il a occupé sa petite maison de la Védillerie, à Les Cabannes, entre 1966 et 1996.

 

André VERDET est né à Nice en 1913, a vécu à St Paul de Vence de 1918 à son décès, le 19 décembre 2004.

Il a été un témoin et un acteur essentiel de la formidable émergence de l'art moderne qui a bouleversé le monde des arts plastiques dans les  années 60.

 

Immense personnalité des Arts et des Lettres, éclectique, curieux de tous savoirs, André Verdet demeurait en recherche perpétuelle d'une plastique absolue et dépouillée.

Dès 1936, il suscite l'admiration durable et spontanée de ses aînés : Giono, Prévert, Cocteau, Picasso, Eluard, Chagall, Braque, Miro, Magnelli, Leger...

 

Il était aussi peintre, sculpteur, céramiste, passionné de musique, amateur d'astronomie que féru de sciences.

Dès 1947, il publie un recueil de poèmes "Les jours, les nuits et puis l'aurore" et un roman "la nuit n'est pas la nuit".

Il a occupé sa petite maison de la Védillerie, à Les Cabannes, entre 1966 et 1996.

En mai 2003 est inauguré à Cordes/Ciel un espace André Verdet, au Musée Yves Brayer.

C'est cette même année qu'il fit don d'une oeuvre originale à la mairie de Les Cabannes.

Pendant la seconde guerre mondiale, André VERDET a été très actif dans le réseau "combat" de la Résistance. Arrêté par la Gestapo en 1944, il est incarcéré à la prison de Fresnes, puis envoyé au camp de Compiègne et déporté à Auschwitz et Buchenwald. Libéré en 1945, il retrouvera son ami Prévert et rencontrera Picasso, Léger, Chagall...

Il a également travaillé au Cabinet de Marcel Paul, ministre de la Production Industrielle...

Actif à 90 ans passés, André Verdet encourageait tous les courants artistiques et les jeunes artistes. En 2002, il avait été honoré du grand prix des poètes de la Sacem pour l'ensemble de son oeuvre : plus de 250 ouvrages, poèmes, essais sur l'art. Il était aussi officier de la Légion d'honneur, médaillé de la Résistance et de la Déportation, commandeur des Arts et des Lettres.

 

Témoignage de Nadine De Wilde-Vivier :

Parler d’André Verdet n’est pas si facile. Il y aurait tant à dire sur l’homme à la voix chaude, au tempérament « solaire », parfois belliqueux. Le poète qui écrivit plus de 200 ouvrages. Personnage « multiple » dans les arts. Ouvert aux différentes tendances, il soutenait les jeunes créateurs, ne refusant jamais d’offrir une préface, il devenait lui-même acheteur pour les encourager. Fervent de la musique. Grand défenseur de la cause animale et amoureux de la nature.

Un être attachant André Verdet.

J’avais 20 ans lorsque nous fîmes connaissance, émue par son matricule au bras gauche: 186 524.

Il connut les mêmes Camps de la Mort que mon oncle. Ceci nous rapprocha.

Pendant de longues années, hanté par des visages de souffrance inimaginable, il essaya de s’en délivrer en les projetant sur des toiles.

Il savait la valeur de la vie.

La nuit il regardait le ciel et parlait aux étoiles ses amies.

Elles l’aidèrent, à travers la poésie, à ne jamais désespérer.

En 1965 j’accompagnai André Verdet de Saint Paul de Vence à Cordes sur ciel, où il décorait à fresques et de vitraux une Tour privée du XIIIème siècle. « Je vous réserve une surprise » me dit-il, « un pays, des gens que vous allez adorer. » Inspiré par le site exceptionnel, où il fît de fréquents séjours, il y avait acquit une petite bastide, sur la colline de la Védillarié au-dessus de Les Cabannes. Depuis les habitants du lieu-dit l’ont dénommée « La Maison du Peintre ».

Nous y passions des vacances champêtres, tout en suivant les premiers travaux de restauration.

En 1996 il m’en fît donation.

André Verdet a connu la plupart des grands artistes contemporains. Il écrivit sur leur travail.

Pour le remercier ceux-ci lui offraient une œuvre en cadeau. De ce fait il accumula une collection appréciable. Son village hérita de la majeure partie, mais sa générosité s’étendit aussi à d’autres communes, notamment Cordes sur ciel.

En 2003, avec l’accord de son Député-Maire Paul Quilès, une exposition Picasso-Verdet se déroula à la Maison Fontpeyrouse, organisée par Jean-Gabriel Jonin, alors 1er Adjoint et chargé des Affaires Culturelles.

Au cours du vernissage, André Verdet rencontra Patrick Lavagne, Maire de Les Cabannes. Ce dernier lui parlant avec enthousiasme de sa profession d’Instituteur, le fit songer au célèbre pédagogue Célestin Freinet. Sa sympathie envers lui a été immédiate. Il me promit par la suite, de rassembler une série de tableaux destinés à la Municipalité dont il fût l’hôte durant plus de 30 ans.

Malheureusement, il n’eût guère le temps de concrétiser ce désir.

André Verdet nous quitta soudainement le 19 décembre 2004.

 En mémoire de celui dont j’ai partagé 40 années d’existence, et pour tenir une promesse qui lui tenait à cœur, j’ai choisi parmi des souvenirs personnels. J’espère qu’ils seront appréciés dans le temps…

 

Nadine De Wilde-Vivier a fait donation à la commune, d'oeuvres personnelles des amis d'André Verdet. Deux expositions ont déjà permis de les admirer...

Nous sommes sur le pont

Figurants d’une énigme

Oublieux du péril et faisant

Parfois des gestes dangereux

Nous regardons les étoiles

Elles nous rassurent

Et nous repartons

Tranquilles

Entre les deux parenthèses

D’un cataclysme.

CLAUDE IZARD

Chef cuisinier, artisan du goût.

51 ans derrière les fourneaux de l'Hostellerie du Parc à Les Cabannes...

 

 

Claude Izard, né le 19 janvier 1941 à Les Cabannes a grandi dans le café restaurant  familial  où les pensionnaires mangeaient autour d'une grande table, près de la cuisinière, où sa mère, Alice Izard, cuisinait. La salle à manger était ouverte les jours de foire : un casse-croûte campagnard était servi à 8h suivi d'un repas à 13h. La salle était comble tous les jours de foire.

 

Son père Roger Izard, était lui, courtier en vins et l'été il faisait le ramassage des cornichons.

Il a grandi dans ce milieu déjà professionnel, traditionnel, qui a fortement influencé son désir et sa passion pour le métier.

Il a fréquenté l'école du village jusqu'à l'âge de 12 ans, sous les directives de l'instituteur Monsieur Najac. A 12 ans, il a poursuivi ses études à l'Ecole Supérieure d'Albi, connue aujourd'hui sous le nom de Rascol. Comme l'école n'était pas son fort, malgré des capacités en français et en mathématiques, son père l'a dirigé vers la restauration en le faisant travailler durant les vacances scolaires,  à l'hôtel LUFFAUT de Saint Antonin Noble Val  : un restaurant particulièrement réputé à l'époque pour son chef, Maurice Luffaut, et ses qualités de chef saucier.

Monsieur Dupuy Dutemps, propriétaire de la maison de maître ''Lapeyrade'', propose à Roger Izard de lui vendre la maison pour son fils, qui en ferait un hôtel-restaurant... ce qui aurait concrétisé le rêve que Claude avait depuis tant d'années. Malheureusement, l'achat n'a pu se réaliser.                              

 

Après la classe de seconde, il décide de devenir cuisinier. Il passe un concours pour entrer à l'école hôtelière de Toulouse (Il y avait à l'époque 7 écoles hôtelières en France). Il réussit son concours et démarre son cheminement vers ce qui va l'animer durant 60 ans. Il fait de nombreux stages dans des endroits prestigieux dont l'hôtel de la cité à Carcassonne.

 

En 1961, il obtient le diplôme BEH (brevet d'enseignement hôtelier) et les CAP de cuisinier et de service de restaurant.

En 1960, il rencontre Annie Bosc, la fille du coiffeur du village, voisin du restaurant de ses parents. Ils se marient en juin 1961, et Luc, leur premier enfant, nait le 7 septembre de la même année.

Ils partent travailler dans les Pyrénées, à La Preste les Bains, mais l'éloignement de leur fils qui était gardé chez une tante à Paris, les poussent à rejoindre la capitale plus tôt que prévu. Il est embauché dès le lendemain, dans la brigade du restaurant les 3 soleils à Orly en tant que 1er commis. Ce passage dans ce restaurant lui apprendra beaucoup sur le métier de cuisinier. Il fait en parallèle de nombreux extras dans des restaurants parisiens.

 

En 1964, il postule pour un poste de professeur de cuisine dans un collège d'enseignement professionnel à Saumur en Auxois. La petite famille rejoint Saumur en Auxois et Claude sera professeur durant 3 ans. Cette parenthèse lui aura donné confiance en lui, le contact avec les jeunes étant particulièrement enrichissant.

Le 30 août 1965, leur deuxième enfant, Franck, nait aux Cabannes (Claude aidait sa mère à la cuisine du restaurant durant ses vacances).

En 1966, la maison de maître ''Lapeyrade'' qui avait été transformée en hôtel-restaurant par Monsieur Balansa est à vendre. Il la propose à Claude qui refuse et c'est Madame Perrier, du restaurant le Relais de Mousquette à Dénat, qui l'achète. Un an plus tard, l'hôtel est à nouveau à vendre et Claude ne loupe pas cette 3éme occasion et devient propriétaire des lieux le 7 juin 1967.

 

Le 26 novembre 1967, leur 3ème enfant Gilles naîtra.

L'appellation ''Chateau Lapeyrade'' disparaitra et deviendra ''Hostellerie du Parc''. Les débuts furent particulièrement difficiles, l'établissement ayant une très mauvaise réputation. Un cahier de doléances spécifique à l'hôtel était présent au Syndicat d'initiative.

De nombreux travaux seront réalisé : le chauffage, les chambres, la cuisine tout en gardant le caractère de la maison.

Petit à petit, la réputation de Claude se fait. Il participe à 2 reprises au concours de la ''Poêle d'Or'' qui récompense des recettes créées par des chefs.  Il remporte ce concours 2 années de suite, avec 4 recettes qui deviendront les spécialités phares de l'Hostellerie du Parc : le lapin au chou, la croustade Al Cabessal, le canard Lapeyrade et les beurreck*.

Très rapidement, il s'intègre à l'animation de la vie locale avec 3 amis (Claudine Delmas, Pierre Régis et Guy César). Cette fine équipe relance le comité des fêtes du Grand Fauconnier dont il prend la présidence, et durant plus de 20 ans, ces fêtes deviennent l'événement incontournable de la région. Elles continuent encore aujourd'hui grâce à Marie-Claude Ramirez. Il prendra aussi la présidence du syndicat d'initiative qu'il gardera pendant plus de 20 ans jusqu'à l'arrivée de Paul Quilès. Son amour pour le métier et les traditions l'amènera à prendre la présidence du syndicat départemental de l'hôtellerie, la CPIH. Il deviendra aussi président du groupement des restaurateurs et vice-président National de la CPIH.

Le 28 novembre 1975, Agnès leur quatrième enfant arriva.

 

Son profond respect du métier de restaurateur l'amène à créer les Tables Gourmandes Tarnaises qui sont les précurseurs de nombreuses Tables Gourmandes en France. A l'aide d'un Conseil des Sages, il sélectionne des restaurateurs artisans. En 1983, devant le développement des Tables Gourmandes il décide de créer les ''Restaurateurs de Métier des Provinces Françaises'', toujours dans l'espoir d'être reconnu comme Artisan.  N'arrivant pas à cette reconnaissance, il crée la certification de service ''Restaurateur de Métier'' contrôlée par le bureau Véritas. En parallèle, il crée dans le Tarn les cafétérias ''Moun Païs'', restauration traditionnelle dans une restauration rapide avec le respect de l'artisanat. Les premières ouvriront à Albi (Cafétéria Gambetta), à Castres (Cafétéria du Mail) et à Rodez (Cafétéria Fauch). L'extraordinaire succès de ces entités l'amèneront à créer le restaurant "le Lapin au Chou" à Toulouse, qui sera tenu par ses fils Luc et Franck.

                                      

 

L'Hostellerie du Parc prend ses lettres de Noblesse et voit ses plus belles années durant les années 80/90. Au début des années 90, il se sépare d'Annie et rencontre Anne-Marie Donnadieu qui lui donne 2 beaux enfants : Manon qui naîtra en 1992 et Cloé en 1994.

L'année 1993 fut une année très dure pour Claude qui perdra son enfant Franck qui était destiné à reprendre les rennes de l'Hostellerie du Parc où il excellait déjà.

Le tour de France que Franck avait réalisé en se faisant la main dans plusieurs établissements lui avait donné d'excellentes compétences. Son perfectionnisme l'amenait à réaliser des pièces artistiques en pâtisserie.

Claude partage son temps entre ses entreprises et les différentes associations dont il s'occupe. Toujours dans son combat pour l'artisanat... auquel s'ajoute un autre combat contre la Malbouffe de l'agro-alimentaire industriel. Avec son association, il réalise plusieurs ''Plus Grand Buffet du Monde'' soutenu par ses collègues qui défendent les mêmes valeurs. L'Etat participe financièrement à plusieurs de ses manifestations qui deviennent  la vitrine de notre patrimoine gastronomique.

Au début des années 2000, Martine rejoindra Claude à l'Hostellerie du Parc où elle lui prêta main forte en pâtisserie. 

Une deuxième épreuve s'impose à lui le 14 novembre 2004 : son fils Gilles s'éteint lui aussi, suite à un accident de voiture, en laissant derrière lui son épouse Véronique et son fils Franck. Gilles tenait "le Buron" à Albi et Carmaux avec son frère Luc.

Il se réfugie dans ses combats et son entreprise... ce qui lui permettra d'affronter ces moments difficiles.

En 2005, il recevra la médaille d'Or du Tourisme des mains du Ministre.

 

En 2009, d'importants problèmes hépatiques déboucheront sur une greffe du foie en 2011. Une autre épreuve dont il va se relever et repartir de plus belle dans ses combats. Aujourd'hui encore, même à la retraite, il est à l'origine d'une nouvelle initiative pour fédérer les artisans de tous les métiers de bouche et créer la Filière Artisanale Alimentaire, à l'opposé de la Filière Alimentaire Industrielle : combat pour la qualité du travail artisanal mais aussi pour la qualité de vie et la santé des hommes. Parallèlement, il travaille avec l'UMIH et la CPMA à la création  de 2 Brevets (Maîtrise en Gastronomie Artisanale et Art de la Table Maître de Restaurant) qui verront le jour dans les années à venir.

Pour concrétiser la vitalité de la Filière Artisanale Alimentaire Française, il prépare les Etats Généraux de la qualité alimentaire artisanale et en apothéose, le plus grand buffet du monde de la gastronomie française qui regroupera toute la filière, de la terre à l'assiette.

Il a transmis son talent et son amour pour ce métier à ses enfants et petits enfants qui, à leur tour, excellent dans les métiers de l'Hôtellerie et de la Restauration.

 

* Le beurrek  est une pâtisserie salée, spécialité des anciens pays de l'Empire ottoman.

 

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